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plus c’est Cong et plus c’est Bong ! (CRITIQUE)

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80 millions de dollars générés en un seul week-end aux Etats-Unis, 45 millions ramassés en Chine là aussi sur 2/3 jours à peine, Godzilla X Kong New Empire est en train de foudroyer le box office et de faire littéralement mieux que Dune 2, d’autant que les estimations annoncent de très bons chiffres à l’international dès qu’il sortira partout ailleurs dans le monde. Et oui, voir des titans se fracasser la gueule sur grand écran, c’est tout simplement le spectacle qu’attendait de nombreuses personnes, surtout qu’on se rappelle que le Godzilla vs Kong de 2021 était sorti en pleine crise COVID et avait privé le film d’une sortie classique dans les salles obscures. Parce qu’en vrai, voir Kong avec le gant de Thanos et Godzilla cracher des gerbes nucléaires roses, ça résume bien notre pensée : plus c’est Kong, plus c’est bong !

Cinéma et Jeux VidéoAvant de me lancer corps et âme dans ma critique de ce Godzilla X Kong New Empire, je me dois de contextualiser mon rapport avec la franchise et les monstres de Kaiju. On va commencer par le Godzilla de 2014, celui de Gareth Edwards, qui était parvenu à relancer la franchise avec sa vision de cinéaste d’auteur. Une proposition forte qui nous avait permis de retrouver toute la puissance viscérale et symbolique de l’œuvre originale, tout simplement parce qu’il avait gardé le point de vue de l’échelle humaine sur les situations apocalyptiques que la présence d’un Kaiju est capable de générer. Chose que le Godzilla Minus One de Takashi Yamazaki a réussi à transcender avec maestria il y a quelques mois, puisque c’est tout simplement le meilleur film de Kaiju jamais réalisé à ce jour. Entre héritage du passé et vision contemporaine, ce Godzilla Minus One n’avait jamais autant retranscrit la puissance nucléaire de chaque gerbe nucléaire du reptile géant. Au cinéma, c’était fort. Et quand on sait que le film a été réalisé avec un budget de moins de 15 millions de dollars, c’est à se demander ce que Hollywood fait avec tout le pognon qui est injecté dans chacun de ses blockbusters… Bien sûr également que le premier Pacific Rim de Guillermo del Toro a été un petit plaisir coupable. Même si je lui trouve de grosses faiblesses d’écriture au niveau de ses personnages humains, les combats Jaegers vs Kaiju fut un véritable plaisir à suivre, d’autant que le point de vue de l’échelle humaine était là aussi respecté. Chose qui a malheureusement disparu avec le Godzilla vs Kong de 2021, où le récit humain complètement inintéressant (au secours la prestation insupportable de Millie Bobby Brown) a pris le pas sur l’affrontement entre Godzilla et Kong. Là, ce fut la vraie désillusion. L’affrontement final avec MechaGodzilla a plutôt bien fonctionné, quoiqu’un peu trop court et surtout, il fallait attendre la fin du film pour se faire plaisir.

LA BAGARRE AVANT TOUT

Et ça, Adam Wingard l’a bien compris pour cette suite Godzilla X Kong. En trois ans de réflexion, le cinéaste a fait un peu le tri de ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas dans le film. Première chose : mettre moins de personnages humains, et surtout virer les stars qui occupaient trop de temps d’écran et qui ne servaient à rien au récit in fine. Et j’en sais quelque chose, j’ai maté le film la veille avant de voir la suite chez Warner Bros Pictures ce matin. Parce que forcément, quand on a du Milly Bobby Brown, du Eisa Gonzalez, du Alexander Skarsgård et du Rebecca Hall, bah ça te nique ton propos de base : à savoir les Kaijus. Quand on va au ciné voir un film comme Godzilla X Kong, qu’on paye sa place entre 10 et 20€ (si jamais on choisit une projo Premium type Dolby Cinema ou IMAX), forcément on veut en prendre plein les yeux, et on veut qu l’écran déborde de ces créatures titanesques. Et c’est exactement ce que ce film propose : moins d’humains, plus de monstres et donc plus de spectacle. Du premier épisode, il ne reste finalement plus que Rebecca Hall, sa fille adoptive Jia (jouée par Kaylee Hottle) et Brian Tyree Henry qu’on a vu aussi dans Les Eternels de Marvel et Bullet Train, tous les autres sont passés à la trappe et c’est tant mieux. Il y a cependant un nouveau venue Dan Stevens, qui joue un vétérinaire un peu déjanté et dont le personnage est plutôt cool. Il y a aussi Fala Chen qu’on avait vu dans le rôle de la mère de Shang-Chi et qui joue un rôle spécifique que je ne détaillerai pas pour éviter les spoils.

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Tous ces protagonistes en moins ne signifie pas que pour autant que le récit humain a disparu, loin de là même, mais disons que le rapport entre les 1er et le 2è film s’est inversé. Dans Godzilla vs Kong, il y avait 70% d’humain et 30% de titans. Dans Godzilla X Kong, c’est 30% d’humains et 70% de kaijus. Et ce qui est cool et assez flagrant aussi, c’est que Adam Wingard, il en a plus rien à foutre de l’histoire en vrai. Lui, ce qui l’intéresse, ce sont les bastons entre ces créatures géantes et là encore, vous allez en avoir pour votre argent, parce que Kong et Godzilla ne seront pas seuls dans cette aventure, il va y avoir un défilé d’adversaires plus coriaces les uns les autres. De ce point de vue-là, le film est bien plus généreux et si vous allez au cinéma pour voir des grosses bestioles, vous allez être servis. Attention tout de même car une fois encore, Godzilla est un personnage secondaire dans cette suite. On le voit un peu plus que dans le premier, mais très clairement, c’est Kong la star du film. Et en vrai, c’est assez compréhensible, puisque c’est celui qui va le plus véhiculer d’émotions, presque humaines j’ai envie de dire. Déjà, parce que c’est un gorille, un animal proche de l’homme et que de simples gestes et quelques regards suffisent pour raconter quelque chose. On est sur de la narration visuelle, presque universelle et ça fonctionne très bien.

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KONG VA CHEZ LE DENTISTE

Pendant que Godzilla veille sur la Terre en protégeant ses habitants d’invasions d’autres Kaiju et d’avoir fait du Colisée de Rome son nid douillet, Kong parcourt la Terre Creuse (ou Hollow Earth en VO), cette zone de la Terre pasencore défrichée et qui abrite des créatures géantes et surtout primitives où la gravité est souvent inversée. C’est là que le récit va se développer : essayer de nous faire comprendre ses inversions de gravité et par la même occasion nous faire découvrir une nouvelle zone secrète où le peuple de Kong s’est réfugié. Sauf que voilà, comme on l’a vu dans les bandes annonces, cette nouvelle tribu est dirigée par un grand singe bien méchant, un certain Scar King, mélange entre un singe, un gorille et un orang outang, qui se balade avec une sorte de chaine autour du cou, faite d’une colonne vertébrale d’un animal au bout duquel il a placé un artefact mystérieux et puissant. Sur la surface de la Terre, on retrouve le Dr Ilene Andrews (joué par Rebecca Hall) qui s’inquiète de violentes secousses sismiques qui sont liées à Jia (qui est devenue sa fille adoptive entre temps) et qui matérialise ça avec des visions et des dessins dont elle n’a aucun contrôle. Tous ces événements sont évidemment liés, rien de tout cela n’a de sens, mais en vrai, on s’en fiche un peu, puisque tout est presque expédié, rien n’est pris au sérieux et Adam Wingard s’amuse de ce prétexte pour nous proposer sa vision du Kaiju 2024.

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ENFIN DU BON CGI !

D’ailleurs, visuellement, c’est très propre dans l’ensemble et surtout assez homogène. Il n’y a pas de scène moins forte que d’autres, juste un choix artistique qui ne va pas faire l’unanimité, avec ces choix de couleurs vives, parfois criardes, mais si on adhère à la proposition comme moi, c’est du bon délire. On est clairement dans un héritage des films des années 90 où l’on se faisait pas trop chier avec les histoires dans les actioners de l’époque. Les CGI sont de qualité donc, Weta a vraiment bien bossé, qu’il s’agisse de la modélisation des Titans comme les environnements qui sont riches, variés et réagissent selon la puissance de nos Titans. Le seul truc qui a disparu et je le regrette fortement, c’est le rapport d’échelle avec les êtres humains. Mis à part 3/4 scènes, rarement on ne voit nos Kaijus mis dans un contexte humain, ce qui fait qu’on perd en gigantisme, ce que Gareth Edwars et Godzilla Minus One avait réussi à transposer à l’écran. Bah oui, comme le film se passe les 3/4 du temps en Terre Creuse, on est sur une échelle standardisée chez les Titans. Parfois, on va avoir quelques monuments humains pour nous rappeler la taille de ces monstres, comme le combat au Caire, au milie des Pyramides de l’Egypte, au Brésil aussi pour le combat final, Rome bien sûr et même en France. Parce que oui, il y a une scène chez nous, à Montagnac même, où ça parle vite fait en français. Dans tous les cas, on voyage dans le film et c’est aussi en cela que le film est généreux.

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Là où Godzilla X Kong déçoit, c’est dans la manière dont les deux Titans sont traités, de façon déséquilibrée très clairement. L’affiche et les trailers nous promettaient que les deux monstres face équipe face à une menace centrale, c’est le cas oui, mais à la fin du film encore une fois. On a comme l’impression de revivre la même structure que le premier film de 2021, et ça c’est dommage. Cette fois-ci, il y a deux trames distinctes : celle de Kong et celle de Godzilla. Si l’histoire autour de Kong est plus ou moins travaillé, celle de Godzilla a clairement été sous-exploité et on a l’impression qu’Adam Wingard s’en fiche un peu du lézard. Pendant tout le film, il va littéralement passer son temps à chercher des zones pour se recharger, que ce soit dans une centrale nucléaire ou dans la cache d’un autre kaiju, d’où le fait qu’il devient rose par la suite. Godzilla est clairement mal exploité et comme dans le premier film, il n’est là que pour le combat final. C’est dommage, parce qu’il y avait moyen de faire évoluer la relation entre les deux Titans de façon comique même, en assumant le délire jusqu’au bout.

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PAS ASSEZ DÉLIRE ?

Vous l’avez compris, Godzilla X Kong n’est pas un grand film, et à aucun moment il ne prétend l’être. La péloche d’Adam Windgard est là pour le spectacle, le divertissement, tout en essayant de rendre hommage aux années 90, avec quelques références dans certaines de ses scènes et l’écriture de ses personnages (le véto). Et même s’il faut partir du principe qu’il faille aller voir ce film après avoir posé son cerveau sur son chevet, le film aurait pu aller plus loin dans son délire, en assumant encore plus son côté foutraque et wtf. Dans tous les cas, le leitmotiv de cette suite est clair : le “fun” avant tout. Pour le coup, le film est amusant, divertissant, très Kong aussi (dans les deux sens du termes, vous avez capté), et plus c’est cong, plus c’est bong non ?

NOTRE NOTE : 6/10

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