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peut-il fait mieux que le grandiose Fury Road ? Notre critique

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Au moment où l’on écrit ces lignes, le Festival de Cannes découvre dans le même temps le film, ce fameux Furiosa : A Mad Max Saga, en compagnie de ses acteurs et de son réalisateur. Et à l’issue de la projection, c’est une standing ovation de 7 minutes qui a recouvert la salle du Palais des Festivals. Sans doute que le public présent sur place a pris le film en pleine gueule, preuve qu’il a eu du mal à s’en remettre, ou qu’il a apprécié la compagnie d’une partie de l’équipe, certains acteurs (les prncipaux) et George Miller, le cinéaste. Parce que oui, il faut toujours se méfier de ces moments de liesse où les créatifs regardent un film avec les journalistes et le public, on est souvent galvanisé par leur présence et parfois (je dis bien parfois), on se laisse aller à l’euphorie générale. Mais cela dit, il est vrai qu’une fois qu’on sort du film, qu’une fois que les lumières se sont rallumées, il faut se remettre de cette expérience visuelle, sonore et presque sensorielle.

Parce que Furiosa, c’est quand même 2h25 d’images vraiment zinzins qu’on se prend en pleine poire, soit 25 min de plus que Fury Road. Et là, instinctivement, on se dit que c’est 25 min d’action non-stop en plus que le premier film et que c’est royal au bar parce qu’on est principalement venu pour le spectacle. C’est là que le film trompe un peu le public, et quand bien même le terme de tromperie est un peu fort, il y a un fond de vérité. Disons que Furiosa nuance son propos, parce que cette suite-préquelle va apporter plus de consistance narrative, un côté plus humain qu’il n’y avait pas forcément dans le film de 2015. Et c’est là sans doute que les avis vont diverger pour Furiosa. On le sait tous et je l’ai dit plus haut, mais Fury Road représente la quintessence de l’action brutale, sauvage, viscérale avec une narration visuelle hors du commun. Oui, mais quand on est un cinéaste de la trempe de George Miller, faut-il tomber dans le piège de la redite ? Y avait-il un intérêt de faire un bis répétita avec Furiosa ? Sans doute pas, d’autant que ce film-là a pour but de nous raconter la trajectoire de ce personnage qui a été sublimé par la performance de Charlize Theron il y a 10 ans. Un personnage tellement fort, tellement important qu’il a volé la vedette à Tom Hardy, le Mad Max du film, et qui in fine ne servait finalement pas à grand-chose, si ce n’est d’avoir été le faire-valoir de Furiosa. Et vous allez comprendre que dans ce nouveau film, l’inutilité de Max est encore plus déveoppé, et que Max n’est finalement pas un personnage si central que ça dans cette relecture de la saga. Pire, il devient même interchangeable. Mais j’en dirai pas plus, j’ai promis de ne rien spoiler.

PETIT ANGE PARTI TROP TÔT

Dans Furiosa, on doit comprendre la genèse de ce personnage. Comprendre comment une femme comme elle est capable de tenir tête à n’importe quel cinglé de ce monde post-apo où la gent féminine est reléguée à des épouses qu’on met en cloque pour le bien d’une certaine humanité et d’un certain clan, celui de Immortan Joe. Le film va donc suivre la jeunesse de Furiosa, son adolescence et son arrivée à l’âge adulte, là où elle va forger son caractère. Et ce qui est plutôt pas mal, c’est que l’enfance de Furiosa n’est pas traitée par-dessus la jambe, ce n’est pas une partie limitée à une intro de 5 ou 10 min comme c’est le cas généralement dans les films. Là, on s’attarde au moins 30/40 min sur son enfance, pour justement nous faire comprendre sa trajectoire, son traumatisme et ce qui va driver sa quête de vengeance jusqu’au final “épique”. Dans Fury Road, on suivait les personnages sur quelques jours à peine, dans Furiosa, c’est sur 15 ans qu’on va développer l’histoire. Ce sera aussi l’occasion de savoir comment notre femme guerrière a perdu son bras gauche, et je peux vous garantir que c’est assez inattendu. Pendant tout le monde, j’étais persuadé d’une piste, alors que pas du tout au final.

ANYA, C’EST HAUT !

Pour reprendre le rôle de Furiosa, George Miller a jeté son dévolu sur Anya Taylor Joy, qui est en train de prendre du galon à Hollywood. Evidemment, le grand public l’a connaît pour son rôle dans la série Le Jeu de la Dame sur Netflix, ou parce qu’elle a prêté sa voix dans le film d’animation Super Mario Bros, moi je m’en rappelle lorsque je l’ai vue la première dans Split de Shyamalan ou The Northman où elle campait le rôle d’Olga qui m’a littéralement bluffé. Dans Furiosa, Anya Taylor Joy crève l’écran et c’est de loin son rôle le plus charismatique, tout en ayant seulement 30 lignes de dialogue, soit 2 fois moins que le rôle de Mad Max pour Tom Hardy il y a 10 ans. C’est d’ailleurs là que le film trompe le public, on se dit que George Miller a encore réduit les dialogues parce qu’il n’aime pas ça, qu’il préfère la narration visuelle, or, le film est, je trouve, bien plus bavard que le premier en fait. Et ce n’est pas un mal pour autant, sauf qu’en axant la promo sur ce genre d’arguments, on peut tromper le spectateur. Donc Furiosa ne parle pas bcp dans le film, et c’est d’ailleurs justifié dans l’histoire. Mais malgré cela, Anya Taylor Joy en sort sublimée, sans doute écorchée par l’écriture de son personnage. De petite fille angélique, elle va devenir une femme meurtie, salie, martyrisée et même amputée, mais elle en devient plus belle et plus captivante. Tout va passer par les regards, les gestes, l’action du personnage, mais aussi par le maquillage. Le cambouis qu’elle s’étale sur le front va faire ressortir son regard, et surtout ses yeux déjà globuleux. Anya Taylor Joy a de base un visage atypique et George Miller a su l’utiliser avec brio. On sort marqué par l’intensité de son jeu et waouh, quelle performance !

LOVE & THUNDER

Pour lui donner la réplique, il y a tout un tas d’acteurs masculins comme féminins à ses côtés, et on peut retenir la performance également de Charlee Fraser, qui joue l rôle de la mère de Furiosa. En 15 min d’écran, elle aussi parvient à marquer les esprits. Difficile de ne pas saluer non plus la performance de Chris Hemsworth, le grand antagoniste du film, celui qui va être le moteur de cette quête de vengeance de Furiosa. On savait déjà que l’acteur australien était capable du meilleur dans le registre de la comédie et on l’avait vu avec l’évolution du personnage de Thor du MCU, là il nous prouve qu’il n’est pas qu’un corps divin, ou des muscles parfaits, il sait se montrer fin dans le sarcasme et son personnage de Dementus le prouve parfaitement. Alors c’est vrai que Dementus n’est jamais aussi effrayant qu’un Immortan Joe, mais il n’en reste pas moins imprévisible et un peu déjanté. On peut avoir le sentiment parfois d’y voir un Thor en version félée parce qu’évidemment, il y a le corps dénudé de Chris Hemsworth, mais aussi cette cape faite maison, en mode système D, qui rappelle le Dieu du Tonnerre. Mais ce nez crochu à la Gargamel, cet accent et ce timbre de voix lui permettent de devenir ce Dementus auquel on s’attache pas mal, ce qui en fait un méchant écrit différemment, et c’est pas plus mal. Parce que comme je vous l’ai déjà dit, aucune utilité de faire la même chose que dans Fury Road.

De toutes les façons, les enjeux dans Furiosa ne sont pas les mêmes et George Miller a construit son film différemment. Fury Road a su dynamiter les blockbusters d’action avec un rythme maîtrisé, sans temps mort et une course- poursuite à la fois dense et explosive. Furiosa, c’est plutôt une montée en puissance, une quête de vengeance étalée sur 15 ans et même découpée en 5 chapitres, la narration n’est plus la même. Mais bon, sachez tout de même que vous allez retrouver des scènes d’action maboules, notamment une séquence de 15 minutes fulgurante avec un Porte-Guere qui dévoile ses atouts au fil des attaques, à la fois terriennes mais aussi aériennes. C’est là qu’on voit que George Miller n’a pas perdu de sa superbe, que du haut de ses 80 ans, il sait être imaginatif, il sait jouer de sa caméra, la placer là où il fait, la faire pivoter à des moments précis, et tant pis si le film a perdu en authenticité.

CI-GÎT AÏE !

Parce que oui, comme le suggéraientt les différents trailers, il y a bien plus de CGI dans Furiosa, beaucoup plus. Ils sont là pour servir la narration et l’univers aussi, permettant à George Miller d’oser des plans qu’il n’aurait pas pu faire en pratical, mais il est vrai que tout n’est pas parfait. Il y a pas mal de passages où ça jure pas mal, où le côté numérique prend le dessus, avec en prime quelques effets ratés. Entre les doublures numériques un peu mal raccordés, les décalages entre prises réelles et perso synthétiques, on voit ces moments de flottement. Est-ce que c’est grave ? Pas tant que ça, car le film reste explosif, mais ces moments-là se voient tellement que parfois, on faire un peu la grimace. Sans doute que George Miller a accepté ces défauts pour aller plus vite en besoggne. C’est connu, la production de Fury Road a été difficile. Plusieurs années de tournage entrecoupées de pauses, entre 3 et 4 ans de post-prod, le cinéaste de 80 ans ne voulait sans doute pas repartir dans de telles complications. Pour Furiosa, tout a été fait en moins de 2 ans, tournage et post-prod compris, ce qui explique sans doute cela, d’autant que la qualité des CGI a beaucoup baissé à Hollywood depuis quelques années aussi.

Mais bon, ce n’est rien face à l’expérience qui vous attend avec ce film. Si vous aimez le spectacle, si vous avez le chaos à l’image, si vous aimez Mad Max, si vous aimez la brutalité, vous allez ressortir tout retourné. Bien sûr, cette suite Furiosa se heurte immédiatement à son illustre aîné, Fury Road, hissé au rang de film déjà culte, presque intouchable, mais Furiosa reste un grand film, une suite préquelle qui a su proposer sa propre trajectoire, sans jamais tomber dans la facilité de la redite. Certes l’effet de surprise n’est plus là, mais l’expérience reste aussi explosive, surtout que le sound design est également à saluer. Tout n’est pas aussi parfait que le premier Fury Road, mais il reste bien supérieur à ce qui se fait aujourd’hui en termes de blockbusters.

8/10

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